La société Eastman Kodak a reçu, conjointement avec l'Institut National Polytechnique de Toulouse, les Laboratoires Eclair et Martineau Industries, le Prix de la Meilleure Réalisation Technique de l'Académie des Sciences et Techniques du Cinéma. Ce prix récompense l'invention et la mise en oeuvre d'un système permettant aux laboratoires cinématographiques de récupérer l'argent dissous dans leur bains de traitement.
La cellule électrolytique de récupération d'argent de Toulouse
Le CTP (Centre Technologique pour Produits cinématographique) de l'usine Kodak-Pathé de Chalon sur Saône et l'Institut National Polytechnique de Toulouse ont développé le concept de la Cellule Électrolytique de Récupération d'Argent de Toulouse. Le CTP de Kodak en a conçu un premier prototype qui a été fabriqué par Martineau Industries. Les laboratoires Éclair ont ensuite été les premiers à mettre en place et appliquer la cellule dans leurs installations. Les brevets sont détenus par Kodak et l'Institut National Polytechnique de Toulouse.
Lors du traitement d'un film, l'argent contenu dans l'émulsion se dissout et se mélange au bain fixateur. La Cellule Électrolytique de Toulouse correspond à une cellule à électrode poreuse percolée pulsée. Elle détient une cathode constituée de billes de carbone. Lorsque la cellule est plongée dans le fixateur, le passage d'un courant électrique à travers l'ensemble provoque le dépôt d'argent sur les billes. L'argent est ensuite récupéré en plaçant les billes dans un four de fusion.
Bien que ce principe soit connu et utilisé par les laboratoires cinématographiques depuis des années, il se révèle nettement plus performant avec la Cellule de Toulouse. La surface importante des billes de carbone permet d'obtenir des densités de courant suffisamment faibles, donc des concentrations réduites d'argent dans le fixateur, sans sulfuration de celui-ci.
Un système déjà mis en application
La Cellule de Toulouse a déjà été testée par de nombreux laboratoires en Europe, en particulier les Laboratoires Éclair en France, FilmTeknikk en Norvège et Swelab en Suède. Les réglementations suédoises relatives au respect de l'environnement sont parmi les plus exigeantes au monde : elles n'autorisent que d'infimes quantité d'argent dans les effluents rejetés par les installations.
La cellule de Toulouse permet donc à Swelab de faire l'économie de coûteux traitements des effluents.
"Ce dispositif permet aux laboratoires cinéma de récupérer et de recycler un métal précieux de manière simple tout en respectant les réglementations de protection de l'environnement les plus exigeantes, déclare Alain Enon, responsable du CTP de Kodak. Nous ne pouvons que féliciter nos partenaires des efforts qu'ils ont déployés pour la réussite de ce projet. Cette association constitue un bon exemple de la manière dont différentes entreprises peuvent travailler ensemble et trouver des moyens novateurs de résoudre des problèmes d'écologie et de respect de l'environnement."
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