La lumière n'est qu'une toute petite partie des rayonnements électromagnétiques auxquels la pellicule est sensible. Ainsi, lors de son transport ou de son stockage, le film peut être exposé de nombreuses fois à divers rayonnements. Pour éviter de voiler vos films, des précautions sont à prendre.
Il existe une multitude de rayonnements infrarouges (chaleur), cosmiques (étoiles), rayons X (contrôles aéroports, bâtiments officiels, hôpitaux), ou rayons gamma (radioactivité naturelle, transport d'isotopes radioactifs pour les laboratoires, l'industrie, les hôpitaux, centrales nucléaires de production d'électricité ... ). Si le film n'est pas protégé de ces rayonnements, un voile peut apparaître.
Concernant le rayonnement cosmique, à part enfouir la négative vierge à plusieurs centaines de mètres sous terre, la seule manière de se protéger est d'utiliser des émulsions récentes. Il ne faut donc pas réserver une même émulsion pour une durée supérieure à quelques mois.
La protection contre les infrarouges est simple car il suffit de conserver le film dans des pièces tempérées (20°) pour quelques jours ou des endroits réfrigérés pour des durées plus longues : 12° pour quelques mois, 4° à -18° pour des longues durées. En revanche, la protection contre les rayonnements X ou gamma est plus délicate. Film négatif dont un conteneur ou un coffre de voiture au soleil, exposition derrière une vitre ou sur un radiateur, pays tropicaux... on mesure plus facilement les risques d'exposition à la chaleur, alors qu'il est parfois impossible d'envisager une irradiation.
Comment reconnaître une négative voilée par ce type de rayonnements ?
Le voile radioactif ou X a la particularité d'être rigoureusement neutre, c'est-à-dire identique en bleu, vert, rouge et d'entraîner une augmentation de la granulation. De plus, lorsque la source de rayonnement est dirigée perpendiculairement au plan du film sur la tranche de la boîte, elle provoque un voile périodique -pompage à l'écran- dont la fréquence varie du brin libre au noyau.
Ceci permet, lors de l'utilisation du film, de définir si ce voile de rayonnement s'est produit avant ou après exposition. Il ne faut pas oublier que les effets des rayons X ou gamma sont cumulatifs et que la répétition d'expositions même très faibles peut entraîner ce voile et cette granulation.
Transportez vos films en toute sécurité
Si le transport des matières radioactives est très réglementé, il l'est en fonction de l'effet des radiations sur le corps humain et non sur la négative cinéma ! Ainsi, les emballages en plomb des sources radioactives transportées pour l'industrie ou la médecine ne laissent passer qu'une dose de rayonnement inoffensive pour l'homme mais suffisamment agressive pour une négative d'indice d'exposition élevé.
 |
 |
Lors du transport personnel de quelques boites de négatives dans un aéroport, la seule protection contre les rayons X consiste à demander l'inspection manuelle pour éviter les systèmes d'inspection à rayons X. A cet effet, il est utile de prévoir un charging bag. Attention ; les sacs doublés de feuille de plomb sont un leurre car les contrôleurs augmentent la dose de rayons X jusqu'à pénétrer à l'intérieur du sac ce qui accroît d'autant plus le rayonnement subi par le film. Si un simple contrôle de parties métalliques est autorisé, comme le portique des aéroports, il est possible de sortir les négatifs des boîtes métalliques (dans une chambre noire !) et de les placer dans un sac plastique parfaitement étanche à la lumière.
Là aussi, il faudra prévoir une possible inspection manuelle (charging bag)
et le reconditionnement étanche des négatifs.
Finalement, la meilleure façon de se prémunir contre ces voiles X ou radioactifs est de faire appel à un transporteur spécialisé dans l'audiovisuel et agréé par les douanes, aéroports et compagnies aériennes.
Il est impératif que le transporteur possède un endroit de stockage qui lui soit propre et qui ne contienne que des produits audiovisuels, donc pas de sources radioactives, pour éviter tout accident.
Pour connaître ces transporteurs, rapprochez-vous de la FICAM, en téléphonant au 01 45 05 72 52.
|